Tim Burton :  rétrospective d’une Masterclass mémorable au Festival Lumière 2022 !

Ce 21 octobre 2022 se déroulait la 7ème journée du Festival Lumière à Lyon et nous avons eu la chance de pouvoir assister à la Master class de Tim Burton, qui se déroulait dans l’enceinte du magnifique Théâtre des Célestins.

La séance a démarré tranquillement avec une note d’humour : Tim abordant son rêve de jouer Godzilla et d’enfiler son costume de montre. Il nous a expliqué que c’est le cinéma qui est venu à lui, il n’a pas réellement cherché à devenir réalisateur. Il aime l’art de créer, cela sous toutes ses formes et ne peut pas vraiment définir une voie spécifique qui l’aurait mené à la réalisation de films.

Nous vous proposons de lire quelques extraits de la séance de questions/réponses avec Tim Burton ci-dessous !

  • Est-ce que vous étiez un amoureux ordinaire du cinéma ?

Tim : J’étais ordinaire ce qui veux dire que j’étais complètement extraordinaire. J’ai grandi en regardant des films d’horreur et de monstres.

  • Est-ce que le parcours d’un amoureux du cinéma qui a grandit à Burbank amène automatiquement à Hollywood ?

Tim : C’était vraiment une ville remplit de quartiers de banlieue, la météo était toujours la même donc je finissais toujours par atterrir dans une salle de cinéma. Comme la plupart des gens qui aiment le cinéma, cela nourrit vos rêves, votre créativité, cela vous parle à un niveau psychologique. Les films étaient pour moi une forme de thérapie, un moyen d’explorer, d’avoir un sentiment d’appartenance à quelque chose.

  • En réalisant Batman, vous avez réinventé les superhéros, un peu comme si Michael Keaton était le père des superhéros Marvel d’aujourd’hui.

Tim : C’est vrai que c’était enthousiasmant les débuts de tout cela. C’est fou comme cela n’a pas changé dans le sens ou les héros sont toujours torturés, ils portent des costumes bizarres… A l’époque, c’était vraiment excitant, cela sonnait comme quelque chose de nouveau. A chaque fois, le studio me disait « c’est trop sombre » mais avec le recul cela paraît léger, surtout comparé [aux films récents].

  • Le fait que vous soyez un réalisateur a succès nous donne l’impression que tout a toujours été facile pour vous.

Tim : Même si j’ai eu du succès, dans les débuts, on me laissait faire mais on ne me comprenait pas vraiment. On ne savait pas quoi me dire puis j’ai commencé à faire des propositions et c’est devenu quelque chose par la suite. J’ai eu des projets qui n’ont pas aboutis cependant. Je voulais faire une version musicale de House of Blacks avec Michael Jackson et on m’a dit non, vous y croyez ?!

  • A cette époque, est-ce que vous pensiez que Johnny Depp deviendrait comme un alter ego ? Le cinéma a été marqué par plusieurs couples d’acteur/directeur.

Tim : Je suis entré en contact avec lui quand je l’ai rencontré pour Edward aux mains d’argent. Nous étions comme deux banlieusards blancs, nous avons noué un lien. Il n’y avait même pas de reconnaissance verbale, mais je pouvais sentir qu’il aimait jouer des personnages et qu’il était intéressé par l’interprétation pour le côté artistique, pas tellement pour la partie business. J’ai senti qu’il pourrait jouer Edward aux mains d’argent ou Ed Wood ou toutes ces différentes choses. C’est toujours enthousiasmant de voir quelqu’un jouer différents personnages d’un film à l’autre.

  • J’aimerais parler de deux actrices françaises qui se sont retrouvées dans l’univers Tim Burton : Marion Cotillard et Eva Green.

Tim : J’ai travaillé avec Marion pour Big fish et elle était extraordinaire. Je ne connaissais pas bien son travail mais c’est une vraie artiste, elle est géniale. Eva, je l’adore. Ce sont des stars de cinéma, il y a comme un mystère avec elles. Cela me rappelle les anciennes stars de cinéma.

  • Un petit mot pour votre série Netflix Mercredi ?  

J’aime beaucoup le personnage de Mercredi. C’est un personnage avec lequel je m’identifie et avec lequel je partage une vision du monde de l’école et de la famille. J’aime la nature très directe du personnage. C’était une nouvelle expérience pour moi, j’ai eu l’occasion d’aller en Roumanie pour un an, woo hoo !

Mon parcours a été inattendu mais peu importe ce que tu fais dans la musique, l’art, le cinéma… tu dois démarrer avec quelque chose de simple, c’est la passion. L’élément clé c’est la conviction, et ce que tu souhaites faire ressentir ou exprimer. Tu ne peux pas y réfléchir de manière intellectuelle, cela doit venir du cœur, peu importe ce que c’est. Ensuite tu croise les doigts, parce que c’est la seule manière que tu auras de nouer un lien avec les gens. 

Tim Burton

Tim Burton a reçu le prix Lumière 2022 cette même soirée. A la cérémonie de clôture, visiblement ému, il nous a dit que son public était sa source de motivation pour créer, et qu’il espère pouvoir continuer à réaliser de belles choses à l’avenir.

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